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« Tu es là, calé contre un coussin de mon divan. Tu es là quand je rentre, quand je sors, quand je dors, quand je suis éveillée.
« Tu es là. Tu attends. Tu ne m'attends pas. Tu attends, tout simplement. Tu ne me demandes rien. Tu ne veux rien de moi. Je ne te demande rien. Je ne veux rien de toi. Mais tu es là, c'est tout. Tu me donnes l'occasion de faire une expérience merveilleuse, inlassablement répétée. Je ne te dis ni merci, ni bonjour, ni au revoir. Tu ne demandes même pas cela.
« Ce qu'il y a entre nous? Un petit sourire de connivence permanente et c'est cela qui est notre jeu. Ta vocation de miroir est notre secret. Je ne suis pas dupe, toi non plus. Tout est simple.
« Ta seule présence suffit à me remettre dans la réalité lorsque l'angoisse tente de s'emparer de moi. La nuit, par exemple, lorsque les choses se transforment, s'enflent, se dénaturent. On construit un avenir fou, inexistant. On imagine, on invente. La peur noie toute la raison. Alors, j'allume, je te vois, je vais chercher un whisky ou une aspirine, et je balaie tout devant ton sourire amusé pour ne vivre que l'instant présent. Lorsque le jour revient, tu sembles me dire : "Alors ? Ce n'était pas si terrible que ça, hein?". » |